La gauche tranquille

19 octobre 2011

Ce sera donc François Hollande. 

La remarquable organisation du scrutin et surtout  l’imposante mobilisation des électeurs qui ont reconnu être proches du parti socialiste constituent un énorme succès, y compris à Champlan, où la participation a été de  98 votants au premier tour et  112 au second.

La réussite de ces primaires est d’autant plus grande que le résultat du scrutin est clair : les électeurs ont donné une avance confortable à François Hollande, sans infliger cependant une trop lourde défaite à Martine Aubry, préservant ainsi l’unité du parti. L’attitude responsable de notre première secrétaire dès l’annonce des résultats constitue d’ailleurs un autre sujet de grande satisfaction.

Puisque l’élection a été gagnée « au centre », l’expérience de la primaire s’apparente finalement davantage à un scrutin national qu’à un vote interne du parti socialiste, puisqu’on sait que celui-ci s’est souvent gagné  « par la gauche ». Sur ce point la stratégie adoptée par M. Aubry lui a sans doute été fatale. On se demande même si dans le contexte de cette primaire, le fait qu’elle soit première secrétaire du PS n’a pas été davantage un handicap qu’un atout.

Cependant, c’est encore plus par la personnalisation des candidatures que la primaire est similaire à l’élection présidentielle. En effet, entre deux candidats dont les programmes n’étaient finalement pas très différents, les électeurs ont davantage choisi la personnalité qui leur semble la plus à même de battre Nicolas Sarkozy.

Pour cela, face à l’image d’un président hyperactif et omniprésent, ils ont retenu celui qui se proposait lui-même - et finalement avec beaucoup de finesse - d’être un président « normal ». Calme et posé, jamais agressif envers ses concurrents, plus tenace que pugnace,  il est aux yeux de beaucoup d’électeurs le négatif  de Nicolas Sarkozy (sur ce point, le contraste avec Martine Aubry, qui a révélé un tempérament nettement plus « vif » lors du dernier débat télévisé était d’ailleurs tout aussi saisissant). On pourrait presque arriver à se demander si l’argument de la « gauche molle » inventé par ses concurrents ne l’a finalement pas servi…

Mais cela sera-t-il suffisant ? Pour l’emporter, il ne suffira sans doute pas de se contenter de cette image d’« anti-Sarkozy », et il sera indispensable d’enrichir le programme de notre candidat, en approfondissant ses propositions, et en complétant les points qui qui paraissent déficients. Je pense particulièrement aux questions environnementales, où il y aura beaucoup à faire pour trouver des points de convergence avec les écologistes. Ceux-ci, en choisissant Martine Aubry, ont d’ailleurs  manifestement misé sur le mauvais cheval.

Il reste donc beaucoup à faire. La campagne ne fait que commencer.

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Comment mourir ?

8 juillet 2011

Aujourd’hui, Robert est mort.

Après des années de lente progression, la maladie qui le rongeait a fini par avoir raison de sa volonté de vivre. Mais Robert a eu la chance de mourir chez lui. Car Danielle, sa femme, avait choisi de le garder après d’elle et de l’accompagner jusqu’au dernier moment.

Je me demande pourquoi il a lutté si longtemps. Sans doute parce qu’on ne consent à mourir qu’une fois que l’on en a accepté l’idée et que l’on a donné un sens à sa vie. Tout ça peut prendre du temps…

Arrivant à l’âge où l’on n’est pas épargné par les deuils, je pense souvent à l’étrange rapport que notre société entretient avec la mort. Le temps est loin où l’on pouvait la voir venir, et même la regarder en face, à l’ancienne, ainsi que nous l’apprenions dans la fable :

« Un riche laboureur, sentant sa fin prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins… »

Aujourd’hui, on ne meurt plus ainsi. La mort nous surprend le plus souvent sans crier gare,  sur un lit d’hôpital, alors que nous sommes entourés de techniciens affairés, qui ont tant à faire et si peu à nous dire que l’on est bien le seul à ne pas savoir que l’on est en train de mourir. Finalement, Robert a eu la « chance » de mourir auprès de ceux qui l’aiment, loin de l’hôpital et de ses savants techniciens, à qui il est si difficile de savoir jusqu’où ils ne doivent pas insister…

C’est dans la crainte de cet inutile acharnement que certains préfèrent imaginer qu’on peut escamoter le temps de ce passage, et mourir ainsi « dans la dignité ». Je comprends ce point de vue, mais je ne suis pas sûr que ce soit tellement plus digne.

Alors, ce soir, je me souviens d’un texte lumineux écrit par François Mitterrand, quelques mois avant sa mort, quand il se préparait à son propre passage. Il s’agit de la préface du livre bouleversant de Marie de Hennezel, « La mort intime ».  En voici les première lignes :

« Comment mourir ?

Nous vivons dans un monde que la question effraie et qui s’en détourne. Des civilisations, avant nous, regardaient la mort en face. Elles dessinaient pour la communauté et pour chacun le chemin du passage. Elles donnaient à l’achèvement de la destinée sa richesse et son sens. Jamais peut-être le rapport à la mort n’a été si pauvre qu’en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d’exister paraissent éluder le mystère. Ils ignorent qu’ils tarissent ainsi le goût de vivre d’une source essentielle »

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Marc Loué, l’hommage de Champlan

17 juin 2011

Comme beaucoup de Champlanais, j'ai assisté ce matin aux obsèques de Marc Loué, qui fut le maire de notre commune de 2002 à 2008. L'annonce brutale de son décès a été un choc pour beaucoup d'entre nous, car un maire, ce n'est pas rien dans un petit village comme le notre : l'engagement quotidien au service de tous que requiert ce mandat se traduit par une grande proximité entre le maire et les citoyens, et c’est hélas dans ces tristes moments que l’on mesure la force des liens qui peuvent s'établir entre la population et les élus.

Bien sûr, Marc Loué fut aussi pour moi un adversaire, puisque par deux fois j'ai conduit une liste contre lui. Mais ce ne fut jamais un ennemi. Je crois que nous nous respections, et le dialogue n'a jamais été difficile entre nous. Evidemment, beaucoup de choses nous séparaient, mais je veux aujourd’hui me souvenir de ce qu’il a fait  pour l’enfance et la culture, ainsi que de son soutien inconditionnel à toutes les associations, quels que soient les engagements de leurs dirigeants.  

Dans un petit village comme Champlan, où tout le monde se connaît, un décès ne laisse jamais indifférent. A la douleur d’une famille s’associe toujours la sympathie et le respect d’une communauté. Je partage aujourd’hui ce sentiment, et mes pensées vont vers ceux qui l’ont aimé.

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Urgence énergétique et justice sociale

1 avril 2011

Pour beaucoup, l’augmentation du prix du gaz et des carburants devient insupportable.  A court d’argent, le gouvernement n’a pas les moyens de les amortir au moyen de dispositifs tels que la « TIPP flottante » imaginée par le gouvernement Jospin il y a quelques années. De toute façon, même avec ces artifices, il sera vite impossible d’escamoter la tendance à long terme d’une augmentation régulière du prix des ressources en énergies fossiles. Il va falloir s’y faire : les difficultés que nous éprouvons aujourd’hui vont irrémédiablement s’accroître dans les années qui viennent, et ceux qui affirment le contraire sont des menteurs.

La raison en est simple : ces ressources s’épuisent alors que nous ne savons pas restreindre nos besoins. Nous venons de dépasser le « pic pétrolier » : les quantités de pétrole extraites chaque année commencent à diminuer, d’une part parce qu’elles se raréfient, d’autre part parce que les pays producteurs commencent à les économiser pour garantir leurs besoins futurs. En même temps, la demande n’a jamais été aussi forte, notamment en raison du formidable développement des pays d’Asie.  

A ce rythme là, le pétrole va probablement manquer d’ici 20 à 30 ans, puis ce sera le tour du gaz, dans 40 à 50 ans. N’est-il pas temps de s’inquiéter du fait que dans 25 ans nous serons contraints de rationner l’essence, alors que dans notre pays près d’un emploi sur dix dépend de l’automobile ?  Comment faire croire à nos concitoyen que dans un délai aussi court, nous allons être capables d’exploiter de nouvelles ressources alors que nous sommes déjà certains de ne pas atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement en matière d’énergies renouvelables ? Comment trouver les financements nécessaires pour mettre au point ces nouvelles technologies, alors que nous ne savons même pas combien va coûter le démantèlement de nos centrales nucléaires, dont les plus anciennes ont maintenant plus de 50 ans et ne vont pas tarder à devenir  dangereuses ?

Certes, nous pourrions repousser l’échéance en puisant dans ce qui reste des réserves de charbon (plus d’un siècle), ou en exploitant des gisements comme les gaz de schistes, ce qui est encore peu rentable aujourd’hui mais ne va pas tarder à le devenir. C’est hélas un scénario très probable, mais cette fuite en avant n’aura pour effet que de retarder l’échéance de quelques décennies, et de continuer à émettre massivement des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

De toute façon le choc sera rude. Et comme d’habitude, ce ne sont pas les plus riches qui en souffriront le plus.

Alors, que faire ?
    
D’abord ne plus attendre. Il faut commencer dès aujourd’hui à réduire notre consommation d’énergie fossile. Pour cela, il n’y a qu’un seul moyen : l’augmentation drastique du prix des carburants. Cette méthode a fait ses preuves : si nos voitures consomment moins que les voitures américaines, c’est bien parce que l’essence est plus taxée chez nous qu’aux USA.

Mais c’est également un système très injuste, dans lequel les riches s’en sortent mieux que les pauvres.

Pour corriger cette injustice, il faut donc mettre enplace des systèmes de redistribution, par exemple en instaurant une taxe carbone redistribuée sous forme d’aide aux économies d’énergie (isolation de l’habitat), à l’accès aux transports en commun, etc.
Mais surtout, n’est-il pas temps de mettre en place une tarification écologique et solidaire de l’énergie ? Il est en effet assez simple d’imaginer un système dans lequel les « besoins essentiels » (éclairage, production d’un minimum d’eau chaude, etc.) seraient facturés à un prix très bas, alors que les consommations superflues  (chauffage d’une piscine, par exemple)  coûteraient beaucoup plus cher. Ainsi, plus l’on consommerait, plus le prix de l’énergie serait élevé.
Avons-nous d’autres choix quand, aujourd’hui, déjà 3,5 millions de foyers sont en situation de précarité énergétique et ne peuvent plus se chauffer correctement ?

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Des Bleus aux Roms : la résistible ascension estivale du populisme, du racisme et de la xénophobie

17 août 2010

Voilà, ça devait arriver, c’est aujourd’hui que je parlerai de football. Pas forcément de la façon dont je l’aurais souhaité. Parce qu’entre juin et août, ma vision des choses a un peu changé.

Au début de l’été, beaucoup pensaient que notre équipe de France, modèle « Black-Blanc-Beur » allait briller et faire au monde entier la démonstration de notre supériorité. Nous savons aujourd’hui que les choses ne se sont pas passées exactement comme prévu. Cependant, nous aurions pu nous contenter de glisser progressivement et de façon très classique du « on va gagner » au « ils ont perdu » : Il y a 25 ans déjà, des humoristes parodiaient les informations télévisées en annonçant  successivement que le « Français Yannick Noah » avait gagné un match puis que  le « Camerounais Yannick Noah » avait perdu le suivant. Mais les choses sont allées nettement plus loin, puisque les joueurs se sont rebellés contre leurs autorités de tutelle, et que le gouvernement a cru bon de se mêler de tout ça. Résultat : les magnifiques « Blacks-Blancs-Beurs » que l’on encensait il y a 12 ans se sont  transformés en petits caïds, en banale racaille des quartiers. On sous-entend par là que ces quartiers, justement, ils n’auraient jamais du les quitter. C’est comme le carrosse de Cendrillon après les douze coups de minuit : le charme est rompu et chacun redevient ce qu’il est vraiment.

Par là, on veut nous faire croire deux choses.

Premièrement, que ce n’est pas vraiment l’équipe de France qui s’est « mal comportée » et qui a perdu. Voilà pourquoi, dans chaque bistrot de France – et il y en a quelques uns - il est aujourd’hui moins que jamais interdit de remarquer que ces footballeurs n’ont vraiment pas l’air « de français comme nous », notamment par la consonance de leurs noms ou la couleur de leur peau. Là où il aurait fallu calmer le jeu et prévenir ce glissement - hélas,  habituel en France - de l’opinion publique, on l’a au contraire encouragé. Je me demandais pourquoi au début de l’été, je ne me pose plus la question maintenant, compte tenu des récents discours de notre président.

Deuxièmement, on veut nous rassurer en affirmant que ce n’est qu’un accident, que le gouvernement va prendre des mesures, que les coupables seront punis et que les choses vont rapidement rentrer dans l’ordre. Quand on parle de coupables, on parle bien sûr des joueurs, et on oublie volontiers d’y inclure leur encadrement et leurs dirigeants, A ce propos, il est instructif de remarquer qu’à part Lilian Thuram,  les dirigeants de la Fédération Française de Football ont tous des « noms bien français » et sont plutôt clairs de peau. Le négatif de ceux qui courent sur le terrain, en quelque sorte.

Bref, ce qui devrait n’être qu’un jeu, tout au plus une aimable distraction, devient un sujet de débat à l’Assemblée Nationale. En se rebellant, ces pauvres footballeurs ont bien involontairement préparé le terrain pour une série d’annonces dont j’ai tellement honte que je préfère ne pas les évoquer davantage, les bons journaux s’en chargent.

Mais avant tout ça, j’aurais d’abord du dire que j’aime le football.

Le football que j’aime n’est pas seulement celui qui se pratique sur de belles pelouses, dans de grands stades et devant des milliers de spectateurs. Le football que j’aime n’est pas forcément non plus celui qu’on nous passe à la télé.

Le football que j’aime, c’est d’abord une bande de copains qui se retrouve chaque dimanche matin pour faire un bon match contre une autre bande de copains. A bientôt 50 ans, je préfère encore jouer que regarder. Compte tenu de mon niveau et de celui de mes copains, cela se passe très rarement sur de la pelouse. Le plus souvent, il s’agit de terrains pelés, bosselés et boueux, parfois même caillouteux, aux tracés incertains et de dimensions variables. A vrai dire, leur seule caractéristique commune est la présence quasi inévitable d’une grosse flaque d’eau devant chaque but, dans la zone piétinée par les gardiens. En guise de public, deux ou trois amis, à condition qu’il ne pleuve pas et qu’il ne fasse pas trop froid. Evidemment, pas de télévision. Pas non plus d’argent en jeu, à part le coût de la licence de joueur : un peu moins d’une centaine d’euros, dont une bonne partie alimente le « fonctionnement » de la Fédération de Foot. Bien entendu, pas de primes de match ni de droits de retransmission.

Donc, rien à voir avec la Coupe du Monde, ou avec les grands matches télévisés. Sauf qu’il s’agit du même sport, que l’on peut pratiquer sans beaucoup de moyens, et dont les règles sont plutôt simples et strictement les mêmes, partout et pour tous. C’est pour cela que ce sport est populaire sur tous les continents. C’est d’ailleurs aussi pour cela que je fais partie des « attardés » qui s’obstinent à refuser l’arbitrage vidéo, parce que les règles du jeu ne seraient alors plus les mêmes partout et pour tous. Avant de refermer cette parenthèse, j’ajouterai que l’erreur d’arbitrage est inhérente au football : les injustices, les coups de théâtre qu’elle engendre mettent l’élément humain au cœur du jeu et donc du spectacle. Ce n’est que dans quelques rares situations que la vidéo pourrait éventuellement réduire l’erreur d’arbitrage mais elle ne l’éradiquera pas, l’exemple du rugby le prouve.  

Revenons donc par ce biais au football que les français connaissent, je veux dire celui qui passe à la télé. Bien sûr, je l’aime aussi et je le regarde. D’ailleurs, en suivant la Coupe du Monde, j’ai vu de très beaux matches et de belles équipes (espagnole et allemande notamment). Même sans l’équipe de France, c’était un régal pour qui aime vraiment le football.

Alors, pourquoi tant de déception, de bruit et de fureur autour de l’échec des bleus ?

C’est qu’avec le sport en général et le football en particulier, un drôle de mélange entre passion et nation se fait dans la tête des gens. Ce qui ne devrait être qu’une aimable distraction, où « l’essentiel est de participer » devient rapidement un enjeu national, une affaire d’honneur. C’est comme ça partout, et pas seulement chez nous : ce n’est qu’au moment où l’on compte les médailles que l’on sait si la compétition a été belle ou non.

L’enjeu est tel que quand nos champions se laissent battre sans combattre, ce qui fut le cas de l’équipe de France, la honte et la frustration deviennent insupportables. Le livre de Jean-Marc Brohm et Marc Perelman, « Le football, une peste émotionnelle », qui est un très violent réquisitoire contre le football (à tel point qu’à mon avis il en devient par moments carrément ridicule), décrit plutôt bien ces mécanismes.

Ainsi, cette élimination dès le premier tour sur fond de rébellion des joueurs, évènement somme toute insignifiant - sauf pour les actionnaires de TF1, Canal + et autres sponsors – prend une ampleur incroyable et appelle des sanctions immédiates. Les experts en populisme, Roselyne Bachelot et Nicolas Sarkozy en tête, ne s’y sont pas trompés. Il fallait désigner rapidement des coupables, ce furent les joueurs. On les traita donc de caïds et de racailles. Il suffisait de les renvoyer d’où ils viennent, en détruisant par la même occasion l’illusion de l’ascension sociale par le sport, tant pis pour les quelques naïfs qui y croiraient encore.

Nous ne saurons peut-être jamais ce qui fut à l’origine de la fameuse grève des joueurs. Il s’agit sans doute d’une question d’argent. Ou d’une réelle incompétence des encadrants et dirigeants. Probablement les deux. Peu importe, le sort des grévistes est scellé : la mutinerie en temps de guerre, c’est grave.

Il faudra pourtant bien finir par comprendre comment des joueurs de foot d’habitude si dociles  - on les paie assez cher pour cela, quoique beaucoup moins qu’ils ne rapportent - qui se laissent acheter, revendre ou prêter d’un club à l’autre à chaque période de « mercato », ont fini par se résoudre à faire grève. Après tout, il leur suffisait de continuer à ne pas jouer. Mais cela n’intéresse plus personne, ils ne sont plus maintenant que caïds et racaille, de mauvais exemples pour la jeunesse. A ce propos, à part Vikash Dhorasoo*, personne ne s’étonne d’ailleurs plus que ce soit aux footballeurs que l’on demande aujourd’hui d’être des exemples pour la jeunesse.

La question étant réglée, on abandonna donc ces « mauvais français » à leur triste sort, ils ne l’ont pas volé. Mais tant que le filon n’est pas épuisé, il serait bête de ne pas continuer à l’exploiter. Ce fut donc le tour des « pas-tout-à-fait-français » délinquants,  puis celui des Roms. D’autres viendront.

Ah, si seulement les bleus avaient fait une belle coupe du monde, nous n’en serions  pas là !

  * "une société où le joueur de foot devient un exemple, un modèle pour les jeunes, n’est-elle pas une société en mauvaise santé ? Où sont donc passés les instituteurs, les politiques, les intellectuels, les résistants de tous ordres ?" Dhorasoo n’a heureusement pas poussé le cynisme à évoquer le président de la république comme exemple plausible…

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Seul un socialisme écologique…

23 mars 2010
Ouvrade REné Dumont 1977En 1977, René Dumont publiait un ouvrage intitulé « Seule une écologie socialiste… ». Il y proposait d’aborder les questions écologiques, économiques et sociales de manière intégrée, à travers un concept nouveau,  « l’écologie socialiste ». En gros, il inventait ce qui prit le nom de « développement durable » une dizaine d’années plus tard. Bien qu’il en existe aujourd’hui des centaines de définitions, ce concept peut être résumé par la question suivante : comment construire une société équilibrée, reposant sur trois piliers, social, économique, et environnemental  (auxquels on pourrait ajouter un quatrième, celui de la démocratie), dans laquelle la hauteur de chacun de ces piliers puisse s’ajuster en permanence sur celle des autres afin que l’ensemble ne se renverse ni d’un côté, ni de l’autre ?

Historiquement, pour les socialistes, la recherche d’une société équilibrée s’est focalisée sur la question sociale. Elle avait pour but principal (mais non unique !) de proposer une meilleure répartition des richesses. Ainsi, la majeure partie des régulations économiques mises en place au XXe siècle l’ont été à la suite de conflits sociaux auxquels les socialistes ont pris une large part. Au bilan, ces régulations ont permis de mieux supporter les inégalités (les pauvres sont un peu moins pauvres) mais cela n’a pas permis de les réduire (les riches sont toujours plus riches).  En outre, les mécanismes mis en jeu reposaient sur une position « productiviste » - la production intensive de biens matériels et la redistribution des richesses ainsi générées - qui était particulièrement justifiée dans le contexte de l’extraordinaire croissance économique des « trente glorieuses » et tant que l’épuisement des ressources naturelles n’était pas encore sensible, mais qui paraît aujourd’hui dépassée.

Parallèlement à cette vision « socialiste » du monde, a émergé la vision « écologiste ». Elle a pris naissance vers les années 1930, période des premières catastrophes écologiques induites par le développement des économies capitalistes, mais c’est en 1973, avec le premier choc pétrolier, que la question écologique est vraiment entrée dans le débat politique.

Cette époque marque le point de départ de l’écologie politique en France, mais pas celui de l’intégration de l’écologie et du socialisme proposée par René Dumont, en partie parce que les prévisions catastrophistes des écologistes étaient peu précises et même souvent fausses (par exemple, en 1971, le « club de Rome » annonçait la fin du pétrole pour 1985), si bien que la crédibilité des discours écologistes en a été fortement affectée. L’intégration des deux visions a également failli parce que le discours écologiste exagérait la hauteur du pilier « environnemental » par rapport aux autres, tandis qu’à gauche, on est longtemps resté dans la logique productiviste, pensant que le progrès scientifique et technique suffirait pour résoudre les questions environnementales.

Aujourd’hui, nous connaissons une période où socialisme et écologie peuvent se rejoindre : les enjeux environnementaux sont de mieux en mieux intégrés par les socialistes, tandis que dans les programmes des écologistes, le radicalisme environnemental est de plus en plus tempéré par les contraintes du volet social. Ces tendances ne sont pas naturelles : elles résultent de la pression exercée par la société (notamment à travers les résultats des élections) sur chacune des parties concernées, et même si la convergence est aujourd’hui sensible, de grandes différences subsistent entre ces deux visions. Les hommes et les femmes qui les portent n’ont ni même histoire, ni la même culture.

 Mais le résultat des dernières élections – notamment européennes et régionales - traduit bien ce qu’avait révélé le choc de l’élection présidentielle de 2002. Chacun de ces deux grands courants de pensée a besoin de l’autre. L’idée d’un parti socialiste hégémonique, renforcé par le soutien de quelques partis satellites appartient aujourd’hui au passé, de même que les écologistes ne peuvent pas espérer l’emporter sans les socialistes. Il s’agit donc aujourd’hui de construire un projet équilibré entre ces deux visions. Paradoxalement, si l’une des parties l’emportait sur l’autre de façon trop sensible, elle s’affaiblirait car elle ne peut de toute façon pas subsister seule.

Comment construire ce projet en respectant les différences et les sensibilités de chacun, et surtout en faisant en sorte que l’association des deux visions dépasse leur simple juxtaposition ? Cela demandera beaucoup de travail et beaucoup de respect. Il est clair que le fonctionnement des partis politiques tels que nous les connaissons aujourd’hui devra évoluer. Aujourd’hui, des propositions émergent. Il serait tout aussi dangereux de les rejoindre sans réflexion préalable que de les rejeter d’emblée. Mais puisque socialistes et écologistes, de nouveau appelés à co-gérer les régions, ont montré qu’ils savaient s’entendre, peut-être parviendront-ils à organiser la symbiose entre les partis qui les portent. C’est à mon avis ce que les électeurs leur demandent.

Ce sera peut-être long et sûrement difficile. La science de l’écologie nous enseigne que les exemples de symbioses sont rares. Elles tournent souvent au parasitisme, certes moins violent que la prédation, mais dont l’inconvénient principal est qu’une fois que l’organisme hôte est épuisé, le parasite doit rapidement trouver une nouvelle victime sous peine de disparaître. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que l’avenir est à la biodiversité.

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De Natura Rerum - Réflexions d’un bioclimatologiste sur la neige en hiver

18 décembre 2009

Chaque fois qu’il neige, c’est pareil.

Tout le monde s’émeut du fait que quelques centimètres de neige suffisent pour « paralyser » l’Ile-de-France. Evidemment, chacun a son idée sur les responsables - sinon les coupables - de ce scandale. En général, ce sont les fonctionnaires des services d’entretien des voiries. Ou les conducteurs de poids lourds. Ou encore les femmes qui, c’est bien connu, ne savent pas conduire sur route glissante. Par contre, personne ne s’interroge sur la grande vulnérabilité de nos  sociétés vis-à-vis du climat.

Nous en sommes là. Au bout de deux mille ans d’histoire, un des derniers liens qui nous relie encore à la nature est le climat. Nous avons appris à maîtriser l’environnement naturel, à le canaliser, à en exploiter les ressources avec plus ou moins de bonheur. La médecine et la pharmacie nous protègent de maladies autrefois mortelles. Pour nous nourrir, nous avons appris à fertiliser les sols, à lutter contre les maladies et les ravageurs, à modifier à notre avantage le patrimoine génétique des plantes et des animaux. Même si nous n’en faisons pas toujours un usage raisonné ni raisonnable, la science et le progrès technique nous ont permis de nous affranchir des contraintes de la nature. Artificialisant chaque jour davantage le milieu dans lequel nous évoluons, nous construisons aujourd’hui des habitations confortables, et nous vivons dans des villes qui nous protègent de toutes les «calamités » (un mot aujourd’hui presque disparu !) qu’il fallait bien autrefois subir. Tout cela est réservé à un cinquième de l’humanité,  présente un coût exorbitant, notamment sur le plan énergétique, mais c’est le progrès. Pour certains, comme le géologue Claude Allègre, celui-ci est sans limites, et notre mission finale est de « gérer la planète ». Pour d’autres, dont je suis, les choses sont moins simples, mais là n’est pas mon propos aujourd’hui. Du moins, pas tout de suite.

Revenons donc au climat.

Quelques flocons, et tout s’arrête. Un peu de givre, et tout dérape. Quelle humiliation ! Deux mille ans d’histoire pour arriver à ça ? Que s’est-il passé ? Bloqués dans des voitures devenues inutiles, les franciliens ont été invités d’une façon plutôt brutale à se souvenir que le lien entre l’homme et la nature n’est pas totalement rompu. C’est très déplaisant quand on est directement concerné. Il est vrai que nous n’en avons plus l’habitude et que nous avons oublié certaines choses: l’Africain du Sahel sait bien quel est son lien avec la pluie qui le nourrit. Le paysan du Bangladesh connaît les effets des moussons sur le niveau des fleuves qui inondent ses cultures.  

Nous, nous oublions chaque année qu’il neige en hiver, et que nous ne savons pas l’empêcher. Et c’est bien ça qui énerve : malgré les progrès de la science et des technologies, nous n’avons pas la maîtrise du climat. Nous savons améliorer la fertilité des sols que nous cultivons, nous savons réduire la pression des maladies au moyen de pesticides toujours plus efficaces, mais le temps qu’il fait, nous ne savons que le prévoir, et encore avec plus ou moins de réussite. Nous vivons en permanence sous la contrainte du climat. Incapables de la supprimer, nous pouvons au mieux la réduire localement, par exemple en irrigant nos cultures. Mais le plus souvent, nous sommes condamnés à la subir et à nous y adapter, en salant les routes, par exemple …

Voilà pourquoi le climat nous résiste. Nos efforts pour le maîtriser à notre avantage sont vains tant les quantités d’énergie qu’il faudrait y employer sont importantes. Nous voici donc contraints de composer avec lui, d’anticiper ses effets, et de nous y adapter. La climatologie est une science qui invite à l’humilité et à la prudence.

Voilà une chose à laquelle nos négociateurs, réunis à Copenhague, devraient réfléchir…

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A propos de Copenhague…

10 décembre 2009

CombatLes « négociations » engagées depuis quelques jours au sommet de Copenhague montrent la difficulté qu’éprouvent nos démocraties à mettre en oeuvre des actions efficaces à l’échelle globale. Bien entendu, tous sont convaincus qu’il faut agir. Mais chacun préfère que ce soient les autres qui fassent l’effort. Au bout du compte, le navire, bondé de passagers clandestins, reste à quai puisque personne ne veut ramer.

Seule une crise majeure, dans les pays riches, fera changer les choses. En attendant, on négocie, on parle, on s’agite. Mais personne n’est dupe. On prendra des engagements symboliques que l’on ne tiendra pas. Les représentants de nos démocraties « avancées », incapables de se projeter au-delà des prochaines élections, refuseront de remettre en cause l’ordre mondial qui garantit pour le moment leur niveau de vie élevé aux dépens des pays pauvres. Au mieux, les chefs d’état signeront des accords que leurs parlements rendront caducs dans quelques semaines.

L’impuissance des états, malgré des opinions publiques plutôt favorables à l’action, révèle l’absence de gouvernance mondiale. Elle montre même les limites de nos démocraties : il nous faut bien admettre que le jour où le gouvernement chinois décidera de réduire les émissions de gaz à effet de serre, les choses iront vite et seront efficaces.

Dans « Le contrat naturel », écrit voici déjà vingt ans, le philosophe Michel Serres illustrait la vanité de ces négociations internationales en évoquant une célèbre peinture de Goya : deux ennemis se battent, enfoncés jusqu’aux genoux dans des sables mouvants. Chacun combat avec ardeur pour l’emporter sur l’autre, mais aucun ne s’aperçoit qu’au bout du compte vainqueur et vaincu sont promis au même destin. Tous deux périront engloutis.

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Il faut relire Vialatte

29 novembre 2009

Mes activités professionnelles m’amènent de plus en plus à voyager. Ceci m’expose régulièrement au dilemme du choix du moyen de transport : mon engagement contre le changement climatique me conduit souvent à préférer les longs voyages en train aux petits déplacements en avion. Au cours de ces interminables trajets, je travaille un peu. Malheureusement, le logiciel de billetterie de la SNCF me choisit quasi-systématiquement pour voisine une charmante vieille dame, toujours un peu curieuse et surtout très bavarde, ce qui aide à passer le temps, mais nuit à la concentration.

Je ne m’en plains pas : j’en profite pour relire Vialatte. Les chroniques qu’il écrivit jadis pour le journal « La Montagne » sont un véritable régal pour le voyageur. Des textes courts et plaisants, témoignage d’un temps où le charme d’une vie paisible s’écoulant paisiblement dans la belle province d’Auvergne cédait peu à peu la place au rythme de la vie moderne et citadine. Vialatte s’en étonne et feint de s’en amuser. C’est ainsi qu’il joue sur le contraste qui existe entre les conseils d’un vieil almanach du jardinier du dix-neuvième siècle, probablement trouvé dans son grenier, et les contraintes de la vie moderne : « on peut creuser des fosses de dix-huit pouces de profondeur pour les asperges si on veut les forcer sur place, et leur faire faire de grands nivellements tant que la main d’œuvre est abordable. En dehors des heures de bureau, bien entendu. » 

C’est dit sur un ton amusé, mais on perçoit en permanence le désabusement, voire le désarroi d’un homme cultivé, qui sait comment arrivent les guerres et où elles mènent : germaniste - c’est lui qui a traduit et fait découvrir en France l’œuvre de Kafka – il a raconté dans les « bananes de Königsberg » sa vision de l’histoire « folle, tragique, invraisemblable et d’un comique ahurissant » de l’Allemagne entre 1922 et 1949. C’est pourquoi Vialatte est un humoriste triste, tout comme le fut Desproges vingt ans plus tard. Ses chroniques sont celles d’un homme de culture qui voit un monde disparaître, et ne se réjouit guère de celui qui naît sous ses yeux. Revenant aux conseils de son vieil almanach, il conclut : « Voilà la civilisation. Elle est faite de cent mille recettes et ne se bâtit pas en un mois. Elle peut, en revanche, disparaître en deux semaines. Chaque jour, depuis vingt ans, elle s’en va un peu plus ».

Qu’importe le sujet de la chronique (comme celui de ses romans, d’ailleurs) : ce n’est qu’un prétexte pour exprimer cette nostalgie. Mais l’intérêt de la chronique, c’est qu’il faut faire court, et donc travailler le texte. Vialatte y excelle, sauf quand il nous prévient : « N’ayant pas le temps d’être bref, je serai peut-être un peu long », montrant par là non seulement que les discours les plus longs sont rarement les meilleurs, mais aussi que les plus courts ne sont pas les plus rapidement rédigés. Il nous donne même des conseils : « Et d’abord, après « après que » ne mettez jamais le subjonctif ». Quel chroniqueur s’en soucierait aujourd’hui ? Et quel lecteur sait encore ce qu'est le subjonctif ?

Il faut donc relire l’auteur « notoirement méconnu » qu’était Alexandre Vialatte. C’est nécessaire et pédagogique. D’abord pour passer le temps en voyage sans manquer de respect aux vieilles dames. Ensuite, pour mieux comprendre pourquoi un pays entier peut passer une semaine à discuter de la main d’un footballeur et pourquoi il faut prendre le temps de rédiger ses textes en bon français. Enfin pour mieux comprendre la différence entre l’humain et la civilisation.

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Que s’est-il passé ?

1 septembre 2009

Voilà près de six mois que j’ai rédigé mon dernier commentaire sur la politique et sur la situation du parti socialiste. Je dois dire que j’ai préféré me taire pendant la campagne calamiteuse que nous avons menée pour l’élection européenne, ce n’était vraiment pas la peine d’en rajouter : j’ai distribué ce qu’on m’a demandé de distribuer, fait le porte-à-porte que l’on m’a demandé de faire, participé aux meetings auxquels on me demandait de participer, mais sans enthousiasme tant l’inefficacité de tout cela était flagrante. Je dois également dire qu’après le résultat de cette élection, j’ai préféré me taire encore une fois, il ne servait toujours à rien d’en rajouter. Le bon score d’Europe écologie et notre contre-performance ne faisaient que confirmer ce que j’écris depuis un an : nous devons revisiter notre discours social, qui est au cœur de nos convictions, sur les bases des problématiques environnementales, qui constituent une véritable urgence, avec toutes les conséquences que cela entraîne. Au pôle écologique du PS, nous avons travaillé sur ces questions, et  je dois dire que nous désespérions d’être entendus de la direction de notre parti, d’autant plus que dans « Le Monde » du 4 juillet dernier, Martine Aubry exposait une conception de l’écologie politique pour le moins rétrograde…

Et puis j’ai sous les yeux le texte du discours de clôture de l’Université d’été du PS, prononcé dimanche par Martine Aubry. Quel contraste avec celui de la motion qu’elle défendait il y a un an avant le congrès de Reims ! Je ne peux qu’adhérer à sa proposition de construire « un nouveau modèle de développement économique, social et durable », je suis heureux d’y lire des phrases comme : « nous savons maintenant que l’abondance ne rend pas mécaniquement la vie meilleure » ou encore : « Le post-productivisme que nous souhaitons ne nous invite pas à renonce à produire, mais bien à définir une production utile et sobre », ou bien aussi : «il faut aider (l’agriculture) à accélérer son évolution vers l’arrêt des pesticides et des nitrates, vers le bio, le durable, la proximité ».

Enfin, je ne cache pas mon plaisir d’apprendre par la voix de la première secrétaire que nous, socialistes, « sommes totalement solidaires et partie prenante de la campagne « Copenhague 2009 l’ultimatum climatique » lancée par les ONG ». Je ne sais pas si Martine Aubry et tous mes camarades socialistes savent que cela implique que le PS milite donc pour que d’ici 2020 les pays industrialisés réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% et pour qu’ils dépensent au moins 40 milliards d’euros par an pendant 10 ans pour soutenir l’adaptation des pays en développement aux changements climatiques. En tout cas, c’est sur ces bases que nous mesurerons ce que la délégation française, Nicolas Sarkozy en tête, aura demandé et obtenu dans ces négociations.

Les prises de position sur la « taxe carbone » sont moins claires. A la fin du mois de juillet, la direction du PS se disait « favorable au principe d’une Contribution Climat Energie, sur la base des propositions faites par Michel Rocard », tout en doutant des intentions réelles du gouvernement sur ce point. La direction du PS précisait donc que pour nous, cette contribution doit être socialement juste et redistributive, et qu’elle ne peut pas se substituer à la taxe professionnelle ou à tout transfert de charge des entreprises vers les ménages. Notre direction précisait également que cette contribution ne devrait pas porter uniquement sur les carburants mais qu’elle devrait également concerner l’électricité. Enfin, il était précisé dans le communiqué que pour les socialistes, le produit de cette contribution ne peut en aucun cas abonder le budget de l’état, mais que son produit doit être exclusivement affecté à l’équité contributive et aux investissements nécessaires pour réduire notre consommation énergétique et soutenir les énergies renouvelables. Je ne comprends pas pourquoi les socialistes ne peuvent pas tomber d’accord pour défendre ce point de vue.

Pour finir, je suis également heureux de voir que l’idée des « primaires » fait son chemin. C’était une des « idées neuves » que proposait la motion que je défendais au moment du congrès de Reims. Certes, ce débat trahit notre incapacité à régler entre nous la question du leadership au parti socialiste, mais cette solution m’apparaît comme un bon moyen de résoudre le problème de façon démocratique.

Que s’est-il donc passé ? Pourquoi avoir perdu autant de temps depuis l’an dernier ? Peu importe, les idées neuves ont enfin été entendues !

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